La vermiculture et le vermicompostage pour l’amélioration de systèmes de production

Deux défis majeurs entourent le système de production agricole à l’Est de la République Démocratique du Congo et plus particulièrement au Sud-Kivu : il s’agit de la faible fertilité des sols et de la disponibilité de terre ou d’espace de culture pour le petit paysan ou pour l’agriculture en zone péri-urbaine et urbaine.
De ces deux défis majeurs, il s’avère nécessaire que les agriculteurs congolais développent des techniques d’exploitation efficiente et d’amélioration durable des sols et des espaces encore à leur possession, aussi petits soient-ils, pour accroître les rendements à la surface et transformer l’agriculture en secteur économique à part entière.
Comme nous ne cessons de le dire, l’agro-écologie est la seule réponse à apporter à ces deux défis majeures et cela pour plusieurs raisons dont : l’agro-écologie donne la possibilité d’exploiter la terre de manière durable tout en protégeant le milieu de vie, réduit la dépendance vis-à-vis du milieu extérieur, permet le recyclage des ressources locales et la diversification de ces ressources qui peuvent intervenir dans l’amélioration de la production,…
Prenant juste en compte les deux dernières raisons ci-haut évoquées (le recyclage des ressources locales et la diversification de ces ressources), il y a lieu de se demander quels efforts sont entrepris de nos jours pour améliorer ce recyclage des ressources locales et diversifier les éléments qui entrent dans le cycle de production.
Notre lutte pour amélioration des sols dans le milieu, pousse évidemment à penser autrement les techniques de compostage et de recyclage de divers déchets et aujourd’hui, à travers cet article, nous voudrions revenir sur une technique/technologie qui donne de très bons résultats sur le compostage et la valorisation des ressources locales… Il s’agit de la vermiculture et le vermicompostage.
La vermiculture est la production/l’élevage des vers de terre. Le but de la vermiculture est d’accroître le nombre des vers de terre. Mais ces vers de terre peuvent être destiné à plusieurs usages tels que l’alimentation des animaux, la vente et la production de compost : le vermicompostage, etc…
Dans cet article, nous tenterons de donner le b.a.-ba du vermicompostage qui peut aider sensiblement nos agriculteurs à améliorer la qualité du compost produit à partir des déchets organiques grâce aux vers de terres. Les résidus organiques ainsi transformés sont le plus souvent issus de déchets d’élevage (animaux et/ou végétaux) qui vont constituer un apport organique de bonne qualité rapidement utilisable.
Il est préférable de pouvoir utiliser les vers de terre du milieu pour se rassurer de l’adaptation de ces vers au milieu. Il existe trois types de vers de terre :
Anéciques («qui sort de terre») – Ces vers sortent de la terre la nuit afin de traîner de la nourriture dans leurs galeries creusées dans le sol : le lombric commun ou ver nocturne rampant en est un exemple. Ce sont de vers fouisseurs
Endogés («à l’intérieur de la terre») – ce sont également des vers fouisseurs, mais leurs galeries ou trous sont généralement peu profonds; ils se nourrissent de la matière organique du sol et viennent rarement à la surface.
Épigés («à la surface du sol») – Ces vers vivent dans des litières à la surface du sol et se nourrissent de la matière organique en décomposition. Ce sont ces vers «décomposeurs» que l’on utilise dans le vermicompostage.
Voici en quelques lignes le type de matériels à utiliser et le mode opératoire pour la production du vermicompostage :
Matériels :
a. Espace de culture
La vermicompostage peut se faire :

Vermicompostage à G-BIACK au Kenya

– Sous forme d’andains
– Dans des bacs ou lits en bois, plastiques ou en béton
– Dans des réacteurs (beaucoup plus compliqué pour l’agriculteur moyen)
b. Les vers de terre
c. Les déchets animaux
d. Les déchets végétaux
e. Matériels de collecte et de canalisation de l’excédent d’eau

 

Mode opératoire
Le mode opératoire présenté dans cet article n’est qu’un exemple de conduite du vermicompostage qui peut être amélioré à volonté.
1. Préparer un lit avec un fond de béton, de bois ou de plastique et construire des murs de 20 à 30 cm de hauteur en utilisant du bois, des bûches ou de la pierre.
2. Placer une couche de 10 à 15 cm de matières organiques grossières telles que les déchets de banane, les tiges de maïs, les cosses de café et d’autres résidus de culture sur le fil de poulet placé sur le sol du lit.
3. Ajouter de la matière fine et de l’eau. Placer une couche de 5 à 10 cm de fumier sur le matériau grossier. Fumier de bétail, de porc, de mouton ou de chèvre conviennent parfaitement à l’usage. Humidifier les matières organiques avant l’introduction des vers.
4. Libérer les vers. Relâcher les vers de terre dans le lit humide.
Éviter de manipuler des vers individuels, placez plutôt de petites poignées de matériel riche en vers de terre (grappes) en « trous » espacés d’environ 0,5 m.
5. Couvrir le lit avec des feuilles de bananier ou en plastique polyéthylène foncé. Inspecter le lit régulièrement pendant le compostage pour détecter l’humidité et la présence de prédateurs, en particulier les fourmis. Ajouter de nouvelles couches de feuilles de bananier de temps en temps que les vers consomment les feuilles plus âgées.
6. Les matériaux organiques peuvent être appliqués au lit régulièrement sous forme de couches supplémentaires ou dans des endroits discrets. Une pratique courante consiste à appliquer périodiquement des déchets organiques supplémentaires en les enterrant dans différentes positions dans le lit. Le vermicompost est prêt après trois à six mois. Ceci constitue la nourriture des vers.
7. Récupérer les vers et le compost. Lorsque le vermicompost est prêt, les vers sont récoltés et le compost est traité. Les vers ramassés peuvent aussi servir à nourrir le poisson et la volaille. Étendre le vermicompost au soleil pour recueillir les dernières poches de vers à la main pendant le séchage (ci-dessous).

Le vermicompostage produit du compost d’excellente qualité et contribue au recyclage des déchets organiques.

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