Valorisation des Espèces sous-utilisées

Par la terminologie « espèces sous- utilisées » , ou encore « espèces oubliées, négligées », l’on regroupe les catégories d’espèces de plantes sauvages et cultivées dont le potentiel utilitaire n’a pas été suffisamment exploité, des espèces actuellement abandonnées par les paysans, mais cependant qui constituaient un support de survie économique et alimentaire des générations passées des peuples autochtones.

Ce sont en fait  des cultures non officiellement intégrées dans la commercialisation faisant partie intégrante de la biodiversité locale, ayant été jadis populaires, support du tissu social, économique ou environnemental, et aujourd’hui oubliées ou abandonnées par les groupes d’utilisateurs.

Les raisons de leur sous-utilisation peuvent être liées à des facteurs agronomiques, génétiques, économiques, sociaux ou culturels.

Les pratiques et savoirs traditionnels sont de plus en plus abandonnés, et des espèces végétales généralement exploitées et utilisées dans les temps ancestraux pour assurer le bien-être au niveau des ménages et des villages
entiers sont de plus en plus oubliées par les générations présentes au profit des produits importés, ou exotiques. Et, en conséquences, les variations alimentaires, les opportunités médicinales et industrielles, se perdent progressivement et les économies rurales en souffrent à longs termes.

La diversification des habitudes de production et de consommation faisant intervenir une large gamme des espèces locales, particulièrement appelé « espèces sous-utilisées », peut contribuer significativement pour améliorer la santé et la nutrition, les conditions socio-économiques, la sécurité alimentaire au niveau des ménages, et la durabilité des écosystèmes. En effet, la sous-alimentation et l’insécurité alimentaire sont fortement liées à la réduction de la diversité alimentaire traditionnelle (Maundu & al, 1999). Les carences en éléments nutritifs tels  que le fer, la vitamine A, l’iode, le zinc coexistent de plus en plus avec les maladies cardiovasculaires et de carence comme l’obésité, le diabète dans plusieurs pays du monde (Johns T., 2004).

L’exploitation des « espèces sous-utilisées » se présente donc comme une alternative incontournable pour la promotion d’une meilleure utilisation de la biodiversité au profit des communautés rurales ou urbaines en proie à la pauvreté, la malnutrition et à des maladies carentielles.

Cette approche écologique née d’une démarche de recherche-action permet aux ménages de faire face aux problèmes de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et de pauvreté par la relance des activités génératrices des revenus basées sur la valorisation des espèces sous-utilisées ou mieux abandonnées.

 

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